On imagine que pour le reste, l'open source est affaire de bénévoles, travaillant soirs et week-ends sur des projets communautaires, pour la gloire ou pour le bien de l'humanité.
Et on oublie bien souvent le troisième modèle de l'open source, celui qu'on pourrait appeler "coopératif", ou encore "mutualiste". Il a pourtant une importance extraordinaire, puisqu'on y trouve Linux soi-même, les projets de la fondation Apache ou de la fondation Eclipse. Du beau monde...
De quoi vivent ces projets ? Principalement de dons en nature, soit de code source directement, soit de temps de développeurs, payés par leur employeur, et travaillant sur les projets de la fondation. Pourquoi les entreprises font-elles ces contributions ? Pour l'essentiel, ce n'est pas affaire de marketing, il ne s'agit pas d'avoir son nom sur le spi d'un voilier géant. Elles sont au contraire relativement discrètes sur leur implication. Ce n'est certainement pas non plus par philanthropie ou dans une logique de mécénat. Leurs motivations sont de différentes natures. Participer à la gouvernance des projets, c'est à dire avoir son mot à dire dans les orientations qui sont prises, pour les diriger dans le sens de ses besoins. Construire une expertise interne sur ces projets, qui permettra de bien les intégrer à ses propres développements. Acquérir une légitimité sur le marché. Mais surtout, au final: disposer pour soi même d'un outil de qualité en partageant les coûts.
Il est très instructif de regarder la liste des plus grands contributeurs du noyau Linux.
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