"Parmi les multiples modèles économiques qui se cachent derrière le logiciel libre, l'un d'entre eux a le vent en poupe : coupler un progiciel en open source et une démarche commerciale. « C'est une tendance forte, les plus emblématiques se nomment Pentao dans le monde du décisionnel ou eZ Systems et Alfresco dans la gestion de contenu », confirme Patrice Bertrand, directeur des opérations de la SSII Smile, spécialisée dans l'intégration de solutions open source."
La version gratuite, perçue comme un appât
"Mais justement, derrière les différents modes de monétarisation s'en cachent certains qui génèrent des frustrations. Ainsi, nombre de ces éditeurs proposent d'autres versions, modules ou connecteurs, qui sont payants mais quasiment indispensables. « Ceux-ci sont vécus négativement par les clients, qui voient finalement la version gratuite comme un simple appât », relève Patrice Bertrand."
Les « schismes » (forks), un garde-fou pour les clients
"Que ce soit pour l'une ou l'autre de ces raisons, une partie de la communauté estime parfois que les bornes sont dépassées, et lance alors un projet concurrent sur la base de la version gratuite. Elle développe alors l'équivalent des extensions et versions payantes, ou corrige les lacunes. On parle de schisme ou de fork (qui signifie branche dérivée). Open Bravo et ADempiere sont ainsi des forks de Compiere, de même que Vtiger vis-à-vis de SugarCRM."
"« Le fork est une épée de Damoclès pour les éditeurs, et un garde-fou rassurant pour les clients », affirme Patrice Bertrand."
Des éditeurs renoncent au modèle hybride
"Nombre d'éditeurs de logiciels libres renoncent d'ailleurs à ce modèle hybride. Par exemple, Pentao et Alfresco avaient des modules payants mais viennent de tout passer en licence GPL. « D'autres maintiennent cette politique par crainte de se faire piller leur propriété intellectuelle. Mais nous pensons qu'il faut faire confiance à l'open source et à l'intelligence de nos clients », affirme Alexandre Zapolsky."
"« Il suffit que 10 % des entreprises optent pour ce service pour que le modèle économique reste viable malgré la gratuité totale du logiciel. Les 90 % restant servent à établir la notoriété du produit », estime Patrice Bertrand."